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Mon signe et ma soirée LSF

La soirée de rencontre sourds-entendants, je voulais y aller depuis longtemps. Mais pas facile de se lancer quand on est au niveau 2 et que (soyons lucides) on comprend encore pas grand chose. A l’aube des examens (comme c’est joliment dit !) ma pote Jane et moi, on s’est dit que c’était le moment où jamais de tenter le coup. Maintenant qu’on a un signe on peut y aller. Pour info, mon signe (c’est à dire mon surnom en LSF) se rapporte à ma façon de signer, je vais vite et quand je m’embrouille je secoue mes mains dans tous les sens pour extérioriser le stress (ça marche pas très bien mais bon^^). D’ailleurs ça n’a pas été très facile, parce que le surnom beh c’est les autres qui vous le donnent… Donc pendant le cours, on se levait et puis tous les autres devaient dire des choses sur nous, des détails qui nous caractérisent. C’est quand même un peu angoissant, d’être là, debout, à attendre ce que les autres ont à dire… Bon alors moi en gros je suis stressée, je signe vite, je m’emmêle les pinceaux, ah oui et j’ai pris une gamelle le jour où j’ai dû mimer le tabouret… Merci les gars, j’aime la façon dont vous me voyez emoticone Une fois le signe choisi, on passe un temps pas possible à le faire et le refaire (bah oui ça la fout mal de pas être capable de faire son propre signe).

nom-signe

Bref, on se pointe à la soirée LSF, un peu tard certes, mais pleines de bonne volonté et surmontant les petites voix dans nos têtes « tu vas rien piger, tu vas rien piger, tu vas rien piger… » Bon alors autant vous dire tout de suite que dans ce genre de situation on se la ramène pas ! C’est bête mais ce qu’on se demande d’abord en les regardant, c’est qui est sourd et qui est entendant. Et on comprend qu’en fait ça n’a pas d’importance. Il y a des sourds qui signent, d’autres qui oralisent et qui signent en même temps, des entendants qui signent entre eux puis qui parlent et qui signent à nouveau… Le débat est lancé quand un sourd oraliste dit qu’il ne trouve pas la LSF assez riche, tous les regards se tournent vers le prof de LSF présent qui a lui aussi son mot à dire… La langue des signes, l’oral, le mime, tous les moyens sont bons pour communiquer. Même avec notre tout petit niveau 2 on ne s’est pas senties exclues, on regardait ceux du niveau 6 avec des grands yeux admiratifs, et eux regardaient ceux du niveau 12 avec les mêmes grands yeux admiratifs (le cycle de la vie lol) On a appris des « mots », un peu de gros mots aussi (eh oui il en faut bien^^), des signes amusants (je ne me lasserai jamais de la tortue de mer emoticone), et on est ressorties de là plus motivées que jamais. On s’est aussi rendu compte qu’on ne connaissait pas le nom de tout le monde, mais par contre on n’avait pas oublié leur signe, comme quoi la LSF c’est tellement plus simple parfois emoticone Prochaine soirée dans un mois, ça fait loin (trop loin) ! Ma conclusion de cette première expérience, le bar LSF c’est se sentir un peu paumée mais bien se marrer quand même !

Mais où suis-je ?

J’ai fait une drôle d’expérience il y a quelques temps. En pleine nuit, une grande soif. J’ouvre les yeux. Le noir total. Je me lève du côté droit du lit, et je me cogne à un mur. Mais le mur n’est pas du côté gauche ? Je le longe et finit par me heurter à un petit meuble. Je tâtonne et sens le clavier d’un ordinateur. Mais qu’est que l’ordi fait ici ?  Je continue et me cogne à ce qui semble être… une poussette ! Là je commence à être complètement perdue et décide dans mon grand désespoir de partir à le recherche de l’interrupteur, pour mettre en lumière ce drôle d’endroit. Mais là je me cogne à une grande chaise en bois. La panique me gagne malgré moi et je décide de retourner au lit, espérant mettre fin à ce cauchemar. Mais impossible de le retrouver. Mon Dieu, mais où suis-je ?! Je me prends  le pied dans la couverture et trébuche sur le bord du matelas. Je m’y précipite, soulagée d’avoir enfin trouvé refuge. Puis, après avoir jeté un coup d’œil au radio réveil, je sens la brume s’estomper, mes muscles se détendent et mon esprit s’éclaircit. Il ne fait jamais noir dans l’appart’ et je n’ai jamais eu de radio réveil… La petit commode avec le vieil ordi, la grosse chaise du bureau, et la poussette de ma nièce… Je suis chez les parents ! Vous connaissez ce sentiment, quand vous dormez ailleurs que chez vous ? Vous vous réveillez sans savoir où vous êtes. Moi j’étais persuadée d’être chez moi mais je ne reconnaissais rien, tellement que c’est devenu flippant. Non mais je vous assure, à part ça je suis une fille tout à fait équilibrée emoticone

Le Sacre de la Nuit

par Louise Cooper – 2006 – 424 pages – 23€

Le Sacre De La Nuit

Foss Agate est un scientifique important, reconnu et respecté par ses pairs. Son ambition est de tout connaître de l’autre monde. Comment les créatures qui y vivent font-elles pour s’aventurer au-delà des frontières ? Pourquoi la lumière leur est-elle insupportable ? Comment se nourrissent – elles ? Lorsqu’un soir Foss assiste, avec ses enfants, à l’arrivée d’une gigantesque créature aux reflets argentés, il n’a plus qu’une idée en tête : capturer son propre specimen afin de mener ses propres expériences, aidé de sa fille aînée, Calliope.

Aaaah, le Sacre de la Nuit… J’en ai lu les 188 premières pages petit à petit, et les 236 autres en une seule traite (ma mère m’a rendue dingue en me hurlant de venir manger 10 pages avant la fin, j’ai jamais fini mon assiette aussi vite).
Difficile de parler de ce livre sans en dire trop. Une histoire mêlant réel et irréel, le côtoiement de deux mondes complètement opposés. Celui du crépuscule : les ombres sont partout et l’air y est glacé; et le nôtre, où règnent la lumière et la chaleur.

L’auteur nous dévoile les pensées des personnages, le récit change constamment de narrateur, si bien qu’à peine a-t-on le temps de se demander « pourquoi? », la réponse nous arrive dans le paragraphe ou le chapitre qui suit. On pourrait dire que c’est trop facile ou monotone pour le lecteur, mais c’est rendu naturel par Louise Cooper, qui maîtrise parfaitement son récit et nous tient en haleine jusqu’au bout.

Ce livre m’a fait passer par toutes les émotions, j’ai vécu chaque instant avec Calliope, sa colère, sa joie, son désespoir… Dans un monde ressemblant au nôtre (à une époque qui n’est pas clairement définie mais qu’on pourrait identifier comme étant le 19ème avec quelques éléments du 20ème), Louise Cooper offre une vue critique du monde scientifique, mais son plus beau cadeau, c’est cette magnifique histoire d’amour qui m’a envoûtée et qui fait du Sacre de la Nuit un livre magique et renversant. Quelle tristesse de devoir par la suite retourner à la vie réelle !

Dactylologie mon amie

C’est l’hiver, et donc la période de virus en tous genres. Le mien s’appelle « dactylologie », j’ai été frappée mercredi soir, à la sortie du cours de LSF.

Dactylologie

J‘avoue que j’espérais qu’on y viendrait bientôt. Je connaissais déjà un peu, mais certaines lettres comme le « f » ou le « t » étaient assez difficile à distinguer. L’occasion mercredi de demander à Lilian, qui en professeur compréhensif, nous a fait et refait ces lettres en nous donnant des astuces pour bien savoir ou placer le pouce de façon à éviter les confusions. En guise d’exercice, une petite présentation de nous-même, en épelant notre nom. A-N-N-E-L-A-U-R-E. L’avantage c’est que quand j’ai commencé à me renseigner sur l’alphabet en LSF, j’ai eu le petit reflexe égocentrique d’apprendre mon nom par coeur. Là où je me suis faite remarquée (comme la semaine dernière, eh oui faut pas perdre les bonnes habitudes ^^) c’est en commençant à me présenter en signant comme une gauchère. Utiliser la main droite pour faire le geste qu’est censée faire la main gauche, et inversement (je sais pas si c’est clair mais c’est pas facile à expliquer par écrit). Quoiqu’il en soit, j’ai comme la semaine dernière eu quelques difficutés à coordonner ce que je voulais dire avec la manière dont mes mains le disaient. Mini-crise de nerfs quand Lilian me montre comment faire et que, pleine de détermination, je fais exactement l’inverse sans m’en rendre compte. Rires parmis les camarades (toujours compatissants emoticone), mais finalement la persévérance a fini par payer, même si 4 jours plus tard je ne sais plus vraiment quelle main fait quoi… C’est possible d’être droitière avec des tendances gauchères ? Ah oui, autre moment comique, c’est quand Lilian nous a appelé en épelant nos noms. Nous, super confiants, on le regarde faire avant d’afficher rapidement un air de « Kessiladit le monsieur ? » Beh oui, apprendre la LSF c’est comme apprendre une langue étrangère, et des fois ça va vraiment trop vite ! Mais, forte de mon double « N » facilement reconnaissable j’ai su répondre au bon moment, ouf !

Mais quel rapport avec le virus me direz-vous ? Eh bien c’est simple, depuis quelques jours, je suis prise d’une envie étrange d’épeler tout ce que je vois. Jeudi avant d’aller en cours, à peu près tous les meubles de l’A-P-P-A-R-T-E-M-E-N-T y ont eu droit, puis dans l’E-S-C-A-L-I-E-R avant d’arriver à la V-O-I-T-U-R-E. Une fois garée près du F-E-U-R-O-U-G-E en arrivant à l’U-N-I-V-E-R-S-I-T-E, je monte les M-A-R-C-H-E-S où je trouve une Jane pensive à qui je confie mon inquiétude naissante à ce sujet. Elle m’avoue alors être atteinte du même virus. C’est ainsi que, nous soutenant l’une l’autre dans cette dure épreuve emoticone nous avons mis à profit les deux heures de TD pour jouer au P-E-N-D-U en L-S-F. Le prof nous a bien jeté quelques regards perplexes mais on peut pas dire qu’on perturbait vraiment son cours, on faisait pas un bruit emoticone En fait ce virus c’est un mal pour un bien, on va vite progresser à ce rythme-là !

 

 

 

Le jour où…

Il y a deux ans, l’intervenante à mon atelier d’écriture nous avait demandé de raconter un événement qui nous avait particulièrement marqué. Ceux qui me connaissent savent que mes neveux sont mes p’tits trésors (même s’ils sont loin d’être toujours des cadeaux). Je vous livre donc ce texte… Le jour où Arthur est né : 

« Il neige dehors. Pas d’école pour moi aujourd’hui, trop d’excitation, d’incertitudes aussi, de peur surtout. Cette peur, je la dois à une autre naissance survenue deux ans plus tôt. La naissance d’un autre enfant, que les complications avaient trop affaibli, un autre petit garçon qui nous avait été enlevé.

10h35 : voilà un moment que Maman et moi patientons dans le hall de l’hôpital. L’attente… pas grand-chose à faire, à part réfléchir. Où sera-t-on dans une heure ? Sera-t-il là ? D’une seconde à l’autre on peut nous prévenir de son arrivée. Impatiente et inquiète, je pose mon verre de café à moitié plein et joins machinalement mes mains en une prière silencieuse. Je ne savais pas si je priais, je ne savais même pas si ça servirait à quoi que ce soit. Je voulais juste pouvoir souhaiter, demander à quelqu’un de bénir cette naissance et de toujours veiller sur cet enfant.

Enfin, on nous annonce la venue d’Arthur. Rapidement, nous montons les étages qui nous séparent de lui. Le couloir menant à la pouponnière ? Très long il me semble. Un instant qui va très vite et où pourtant tout semble tourner au ralenti. Il y a cette sensation, étrange. Un sentiment de soulagement qui se fait sentir. Est-il vraiment là ? La peur ne partira pas avant de l’avoir vu. Nous voilà arrivées, où est-il ? Ah, le voilà. On s’active autour de lui. Vont-ils enfin nous laisser le voir ?! Ca y est, oui, il est en face de moi. Il pleure, il gesticule dans tous les sens, il vit.

Cette sensation qui était déjà présente, je la sens qui s’accentue, qui réchauffe mon cœur et fait monter les larmes. C’est ça le bonheur ? »

J’aurais bien fait quelques modifications, mais étant donné que certains passages sont inspirés de ce que j’ai écrit le soir-même de la naissance, je n’y ai rien changé… sauf les fautes d’orthographe (eh oui on se refait pas!) Ce jour-là j’ai passé une terrible matinée, angoissante. Cela dit, comme on le voit dans le texte, mon verre de café était à moitié plein et non à moitié vide (optimiste…toujours). Cela fait 4 ans jour pour jour, 4 ans de joie avec mon loulou (même si c’est un peu la grande rebellion en ce moment^^). Une petite pensée pour son grand frère, Léo, on ne t’oublie pas petit ange…

Clepto refoulée ?

Bon, comme tout le monde, j’ai eu droit au grand shopping de Noël, dans les rues décorées de guirlandes lumineuses et envahies d’une bonne odeur de marrons chauds. Le hic dans ce joli scénario c’est que côté financier, cette année c’est plutôt très moyen. Enfin bref, dans un magasin dont je ne citerai pas le nom (pour des raisons que vous allez vite comprendre), je trouve un de ces squelettes dinosaure à monter soi-même. Trop bien, me dis-je sur un ton enthousiaste (pas pour moi hein, je précise on sait jamais…) Mais pfff, ils ont même plus de T-Rex (eh oui moi aussi j’ai vu Jurassic Park 8 fois). Donc je laisse tomber et je fais un dernier tour avant de sortir… avec le dino sous le bras. Confuse, je retourne immédiatement à l’intérieur, passant devant les deux caissières submergées, puis je remets discrètement la boîte tout en haut de la pyramide. Certaines personnes à qui je l’ai raconté m’ont dit que j’étais trop honnête et que j’aurais dû partir avec. Oui bon, soit je suis trop honnête, puisque mon premier réflexe a été de remettre le dino à sa place, soit je suis une clepto refoulée, parce que c’est quand même mon inconscient qui m’a poussé à voler un squelette de tricératops en plastique. À méditer…

Petit Papa Noël…

Oui je sais, il est un peu tard pour vous raconter mes histoires de Noël, mais bon m’en fiche. Quand j’étais petite, on me disait souvent : sois sage, sinon le Père Noël ne t’apportera rien ! Moi, je faisais ma liste au Papa Noël (longue comme le bras) tout en sachant qu’en fait c’était Maman, Papa, Tatie et tout le reste de la famille (nombreuse on peut le dire) qui allait chercher les cadeaux. Beh oui, les mômes sont pas bêtes. On leur raconte des mythes et des jolies histoires mais quand, par exemple, arrive un cadeau qui sert à rien (oui y’en a, surtout quand on a 8 ans et qu’on est passionnée par Barbie et Playmobil), la méfiance s’installe. Et cela même si le jouet est adoré. Pour preuve, mon neveu, bientôt 4 ans, avait fait une méga liste pour le Père Noël. Moi je sais qu’il aime les beaux dragons, alors j’avais investi dans un joli specimen bien féroce. Après avoir (délicatement^^) ouvert le paquet, il s’exclame, le regard ébahi : « Waaaa Maman le dragon ! T’as vu le dragon ? » Au moment de partir, voyant sa mère rassembler tous les cadeaux, il proteste : « Mais non il est pas à moi le dragon », puis après un moment de réflexion : « Eh oui Maman, pourquoi le Père Noël m’a amené un dragon, c’était pas sur ma liste ? ». Prise au dépourvu, ma belle-soeur me jette un regard surpris, avant de répondre : « Et ben oui…c’est parce que…Tatie elle avait fait une liste aussi et…dedans y’avait marqué un dragon pour Arthur ! ». Pas vraiment convaincu, le petit finit par lâcher un « Ah » avant de ranger le dragon féroce avec le reste de ses trésors. Pfiou ! C’était juste ! Eh oui c’est ce que je disais, pas bêtes les mômes ! Rire

Jeu de mots bilingue

Ce midi, à l’heure du café, avec ma mère…

A-L : Putain j’ai mal au dos !

Ma’: Y a mi qué ?

A-L : Où ça Mickey ?

Bon pour ceux qui auraient pas compris la blague, ma mère a tendance à passer du français à l’espagnol comme ça sans prévenir, et comme elle parle vite, moi j’ai tout de suite visualisé la souris noire aux grandes oreilles rondes de Disney… alors qu’en fait elle essayait juste de me faire comprendre qu’elle s’en tape de mon mal de dos (ah beh il est beau l’instinct maternel ! emoticone) Je précise quand même que mon cousin s’est fait avoir aussi. Je sais pas pourquoi, inconsciemment on espérait peut-être voir débarquer Mickey en plein milieu de la cuisine. Ah les vieux rêves d’enfants…

Réflexions d’entendante sur le monde des sourds

?

Je m’interroge. L’an dernier, j’ai été confrontée comme beaucoup d’étudiants de première année au terrible dossier « projet professionnel », et mes recherches ont déviées sur les métiers en rapport avec la surdité. Réveillant une curiosité vieille de plusieurs années sur la Langue des Signes Française, ces recherches ont contribué à me faire découvrir un monde inconnu jusque là, le monde des sourds. Près d’un an et demi plus tard, après voir lu des articles, parcouru des livres et surfé sur le net, je me rend compte de la complexité, pour un débutant, de se forger sa propre opinion sur ce « monde du silence ». J’ai aussi découvert une émission excellente, « l’oeil et la main », qui contrairement à tous les points de vue des spécialistes, nous montre des personnes qui vivent bien avec leur surdité et pose des questions telles que la peur des entendants et le problème de l’implant cochléaire.

Je me souviens d’un site que j’avais utilisé pour mon dossier car il décrivait bien les différentes formes de surdité, et qui ne m’avait pas spécialement marqué par ses propos. Un an plus tard, ce site médical dont la page d’accueil s’exclame que la surdité ne devrait plus exister de nos jours parce que les sourds sont tous malheureux et souffrent atrocement, et heureusement d’ici quelques années ont pourra « éradiquer » cette terrible maladie…ce site me paraît presque dangereux. Pensez aux parents d’enfants sourds qui ont besoin d’être aidés et orientés, ils vont sur ce site pour chercher des réponses et tout ce qu’ils y trouvent, c’est que leur enfant est tout à fait anormal et sera malheureux à jamais s’il n’est pas implanté, car c’est bien ça la solution miracle.

Je constate qu’en un peu plus d’un an, je suis passée du statut d’entendante « ordinaire » considérant la surdité comme maladie (car on ne m’a jamais dit que c’était autre chose qu’une déficience qu’il fallait guérir) à celui de personne raisonnant véritablement sur les propos des médecins, propos effrayants pour certains. Je me souviens du temoignage d’une femme disant qu’à la naissance de son fils, le docteur lui a dit: « Ne vous en faites pas, on va vous le réparer et il n’y aura aucun problème ». Réparer? Réparer! C’est un nourrison, un tout petit bébé qu’il veulent « réparer »…Cette femme avait été choquée par ces propos, ce qui est compréhensible.

J’ai encore beaucoup de chemin à faire, beaucoup de travail pour apprendre la LSF, mais j’espère que le temps pourra changer les mentalités et que beaucoup d’entendants comme moi sauront surmonter les clichés pour accepter de découvrir un monde et une culture qui méritent d’être connus.

Karen ne jouera pas au loto cette semaine…

…en tout cas si j’étais elle je m’abstiendrais. Bon voilà le topo. Karen c’est une bonne coupine à moi, elle est gentille et elle veut faire de mal à personne (enfin je crois). Pourtant « God knows why », aujourd’hui c’était visiblement pas son jour. Donc ce matin, après un mois de blocage , reprise des cours (nan pas dans la joie et la bonne humeur, faut pas exagérer non plus^^). Après un cours d’informatique où mon corps était là mais mon esprit semblait être resté au fond de mon plumard, allez motivation motivation, Karen et moi on va à la BU.

Aaaah la BU…ça faisait longtemps tiens! Et là ma coupine elle se souvient qu’elle a toujours pas récupéré le fascicule d’anglais. Alors ni une ni deux, petit détour vers le secrétariat…où nous trouvons deux bonnes dames en train de discuter (d’une troisième dame qu’elles n’avaient pas l’air de beaucoup apprécier mais bon ça c’est pas mes affaires ^^). Et donc, nous deux pauvres étudiantes jeunes et naïves, nous nous appuyons au comptoir en souriant poliment pour faire savoir que « beh syouplait on aurait bien besoin d’un service ». La sécrétaire nous a regardé brièvement, puis j’sais pas elle a du se dire qu’on était très confortablement appuyées sur le comptoir débordant de paperasse (que j’ai fait tomber, non par esprit de vengeance mais parce que j’ai deux mains gauches vous savez ça) et alors elle a continué sa conversation. Elle a bien tourné la tête une ou deux fois et là ma coupine elle a sauté sur l’occasion  »Oui bonjour… » mais raté le contact visuel était déjà perdu ! Karen semblait blasée et moi j’étais à la fois hallucinée et morte de rire. J’y vais jamais au secrétariat moi, alors j’avais jamais vu en vrai…Bref ma coupine a finalement réussi à formuler sa requête. Et là, alors que nous étions sur le point de voir la lumière au bout du tunnel, l’autre bonne femme se ramène « au fait j’t'ai pas dit ? », et c’est reparti ! Karen regardait d’un oeil envieu le fascicule jaune, main tendue et prête à obtenir ce pour quoi elle était venue, tandis que je m’affalais sur le comptoir, partagée entre le pétage de plomb et la crise de rire. Sans même nous regarder, la gentille secrétaire très débordée a finalement réussi à soulever le livret pour le donner à Karen.

Après avoir poussé le même soupir de soulagement, nous avons décidé de nous asseoir pour faire les filles sérieuses, réviser tout ça tout ça. Et là ma coupine elle a une révélation « merde ma clé usb est restée en salle info ! ». Bon je ne m’attarderai pas sur le sujet, sachez simplement que visiblement personne n’a les clés de cette salle, on ne sait donc par quel miracle on a pu y entrer ce matin… Après ça, on passe devant la borne internet et ma coupine se dit pour se consoler « ah bah j’vais aller consulter mes messages », 2 secondes top chrono et un mec s’y installe dans la décontraction la plus totale. A ce moment-là, Karen = grand sourire qui disparait et continue son chemin comme si de rien n’était, et moi = regard blasé au mec de la borne puis regard défaitiste à ma coupine qui avait décidément trop de chance aujourd’hui. Suite à toutes ces aventures, on peut facilement comprendre le fou rire qui a finalement fini par arriver en plein milieu du cours suivant. Rajoutons à cela le fait qu’en entendant Karen se plaindre du blocage de la fac, le vigil lui a fait un grand sourire en lui disant « bon beh bonne soirée, bon courage et à demain ! ». Fatalité = 4. Karen = 0. Voilà pourquoi ma coupine ne devrait pas jouer au loto cette semaine…

Ce communiqué vous a été présenté par la Française des Jeux, bonne soirée à tous ! emoticone 

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